Guide du directeur - Établissement et service social et médico-social
Contenu mis à jour en avril 2026
Domicile : une première aide pour faire face à la crise énergétique
"Les annonces du Premier ministre prennent enfin en compte la situation des professionnels du domicile face à la hausse des prix des carburants et, par là même, des associations qui gèrent ces services partout sur le territoire", s'est réjoui le 22 avril le président de l'Uniopss, Daniel Goldberg. La veille, Sébastien Lecornu a détaillé un nouveau dispositif de soutien "ciblé et temporaire" dédié "aux grands rouleurs", s'adressant aux travailleurs modestes contraints d’utiliser leur véhicule pour leur activité. L'aide forfaitaire, équivalente à 20 centimes par litre en moyenne sur trois mois, suffira-t-elle à répondre aux attentes du secteur ? Ce, dans un contexte de "vives inquiétudes" après une décision qui risque de peser sur les structures, souligne la Fnadepa : le report à 80 ans de l’âge à partir duquel un particulier peut bénéficier d’une exonération de cotisations pour l’emploi d’une aide à domicile. Son application rétroactive au 1er janvier 2026 va "contraindre à des régularisations, sources de complexités administratives et de tensions sur des trésoreries déjà fragiles", appuient de concert huit organisations. "Cette crise révèle surtout un problème plus profond, celui du modèle économique du secteur", pointent les fédérations patronales de la branche. Pris en étau entre difficultés RH et revalorisations salariales empêchées, les employeurs plaident pour une inévitable réforme du financement dans la dernière enquête de Direction[s].
Un délégué interministériel à la santé mentale bientôt nommé
Après le départ, fin janvier, du délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie, Frank Bellivier, la ministre de la Santé a confirmé, le 14 avril, la nomination prochaine d'un remplaçant "interministériel", annoncée quelques semaines plus tôt par Matignon. Un engagement considéré comme une "condition indispensable à une politique cohérente et transversale" et salué par l’Uniopss le 21 avril. Prochaines échéances esquissées par Stéphanie Rist ? L'instruction du rapport sur la santé mentale des jeunes, remis en mars au gouvernement, et un rassemblement, prévu en mai, pour dresser le bilan de l’année 2025 et présenter les perspectives pour cette année. Selon une enquête publiée mi-avril par la FHF, la crise s’amplifie depuis 2019, "avec un impact particulièrement marqué chez les jeunes et les femmes". "La hausse significative des hospitalisations pour tentative de suicide constitue l'indicateur le plus préoccupant de cette dégradation", note-t-elle, plaidant pour que la future délégation soit dotée d'un plan pluriannuel dédié, afin de soutenir les centres médico-psychologiques notamment.
Les associations ont perdu plus de 12 300 emplois l'an dernier
10 447 : c'est le nombre d'emplois supprimés dans l'économie sociale et solidaire (ESS) entre 2024 et 2025, selon les données publiées par l'Observatoire de la chambre ESS France le 23 avril. "Le retournement de tendance est désormais acté. L’ESS, traditionnellement résiliente face aux crises, a détruit des emplois au cours du second semestre 2025", souligne ainsi son président Benoît Hamon. Un mouvement "majoritairement alimenté par les associations, qui perdent plus de 12 305 postes" : - 0,8% dans l'aide à domicile et - 0,6% dans l'action sociale sans hébergement. L’érosion du parc d’établissements de l’ESS se poursuit aussi (- 0,19 %), poussant l'État en 2025 à créer une cellule nationale d'accompagnement. Des éléments encourageants sont néanmoins mis en exergue : la croissance des fondations demeure positive, malgré "une nette décélération". L'hébergement médicalisé pour personnes âgées ainsi que l'hébergement social pour enfants en difficulté progressent en termes d'emplois (+ 0,7 % et + 2,2 %). En outre, le salaire moyen par tête croît de 1,2 % au quatrième trimestre, même si ce rebond ne suffit pas à combler l’écart avec le reste du privé. "Au-delà des statistiques, c’est la cohésion sociale qui est fragilisée. Plus que jamais, la mobilisation est une nécessité pour préserver ce précieux rempart de solidarité", insiste Benoît Hamon.
"Le coût reste le principal obstacle aux vacances adaptées", selon l’Unapei
"Les vacances adaptées répondent à un besoin réel et largement partagé, mais leur accès reste encore trop souvent contraint." C’est ce que révèle une enquête dévoilée le 20 avril par l’Unapei et menée en 2025 auprès de quelque 1600 répondants (personnes en situation de handicap intellectuel, aidants et professionnels). Pour 55 % des proches interrogés, ne pas partir n’est pas un choix mais bien la conséquence de freins concrets. Premier obstacle identifié, le coût : 40 % des vacanciers déclarent rester chez eux faute de moyens, 62 % d’entre eux ne bénéficiant d’aucune aide financière. Pour relancer le dispositif, fragilisé notamment par la crise sanitaire et le drame survenu en 2023 en Alsace, l'union réclame des mesures concrètes. Outre une réelle accessibilité financière, elle plaide pour le développement d’une offre "mieux adaptée à la diversité des bénéficiaires et à leur niveau d’autonomie", notamment en élargissant les périodes de séjour disponibles. Et insiste sur l’importance de soutenir les équipes d’accompagnement.
Front uni contre un nouveau gel de crédits dédiés à l’autonomie
"Comment peut-on justifier de bloquer, puis reprendre, des financements, alors qu’ils sont issus d’une enveloppe 'fermée' […] et que les besoins en matière d’autonomie n’ont jamais été aussi pressants ?" Au lendemain du dernier conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie du 8 avril, les principales fédérations du secteur ne décolèrent pas. En cause, rapportent-elles, "le gel prudentiel de 215 millions d’euros annoncé par les pouvoirs publics". "Prise sans concertation", la décision, "induite par une logique de restriction budgétaire, intervient dans un contexte où les professionnels de l’autonomie sont déjà confrontés à de graves difficultés tant sur le plan financier qu’humain". Et d’appeler le gouvernement à revenir sur cette mesure, en réclamant "la présentation rapide d’un plan ambitieux des politiques de l’autonomie".
Les spécificités 2026 du tableau de bord de la performance
Dates de collecte, taux minimaux de remplissage, liste des indicateurs applicables aux établissements et services... Les changements apportés au tableau de bord de la performance dans le cadre de son amélioration continue sont détaillés. À retenir notamment ? Les données à renseigner sont étoffées et le calendrier de remplissage sera publié avant le 31 décembre (octobre précédemment). Les services à domicile, dont la phase de recueil a démarré le 23 avril, ont toujours la possibilité en 2026 de ne renseigner que 60 % des informations, contre 90 % pour les autres structures. Pour y parvenir, l'Atih a actualisé les guides à leur disposition. Arrêté du 16 avril 2026
PJJ : le cahier des charges des unités judiciaires à priorité éducative
Les conditions techniques minimales d’organisation et de fonctionnement des unités judiciaires à priorité éducative sont fixées à l’intention des secteurs public et associatif habilité de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Des structures réservées aux 13-21 ans "présentant des besoins et problématiques typiques de l’adolescence, régulièrement complexifiés par des carences éducatives, des difficultés psychologiques et/ou un vécu d’exclusion sociale et scolaire". Au sommaire : missions générales, capacité d’accueil, organisation de la pluridisciplinarité, modalités d’intervention… Ces éléments doivent encore être complétés par des référentiels thématiques qui aborderont notamment le cadre et les modalités de prise en charge éducative au sein des unités, précise le texte. Arrêté du 14 avril 2026
Les Csapa, partenaires des futures unités de réhabilitation pour usagers de drogues en prison
Un appel à candidatures est lancé jusqu’au 27 mai par les pouvoirs publics afin d’identifier les établissements pénitentiaires qui accueilleront les deux nouvelles unités de réhabilitation pour usagers de drogues en milieu carcéral. Un dispositif mis en œuvre à titre expérimental depuis 2017, qui vise à prendre en charge collectivement les détenus, en permettant l’interaction entre pairs et avec des professionnels, au travers de différents ateliers. Prérequis ? L’existence (ou la mise en place) d’un partenariat avec un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) ou une association expérimentée dans les communautés thérapeutiques. Les dossiers retenus donneront lieu à un soutien financier de ces partenaires associatifs (200 000 euros annuels pendant trois ans). Instruction interministérielle n ° DGOS/P3/DGAP/IP2/2026/25 du 10 avril 2026